Protégez-vous. Protégeons-nous. Protégez-les.

  • 11. mai 2020
  • air du temps
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La ruée sur les magasins est forte. Les sites de vente en ligne, de LeShop.ch à Digitec Galaxus, connaissent une hausse sans précédent du nombre de commandes, provoquant des délais jamais vus. «Nous recevons actuellement autant de commandes que lors du Black Friday 2019, et en raison de la ruée sur nos boutiques en ligne, nous avons 35 000 commandes en retard», détaille un porte-parole de Migros.[1] La ruée sur les magasins provoque des vidages de rayons, et les vagues successives de client-e-s mettent en danger la santé des caissiers et caissières, des travailleurs et travailleuses qui sont en premier ligne pour répondre à la demande. La surconsommation des un-e-s met en danger la vie des autres. Pourtant, nulle pénurie.

Hier à la pharmacie du quartier, une cliente lançait à la pharmacienne, portant un masque. – Eh, pourquoi vous avez un masque et pas nous ? – J’ai été choqué, me suis senti obligé de dire: – parce que madame, cette femme sert tous les jours, toute la journée, des client-e-s en se faisant postillonner dessus, et met ainsi sa santé en danger.

Il semble impossible d’arrêter la machine à surconsommer. La cadence augmente. Les achats compulsifs, les achats en ligne prennent l’ascenseur; ça stocke, ça s’ennuie, ça achète, ça angoisse, ça se défoule en ligne. Et derrière, il y a les travailleuses et travailleurs, les plus précaires, les moins bien payé-e-s, celles et ceux qui doivent sortir de chez eux, prendre des risques, pour répondre aux commandes, remplir les cartons, faire tourner la chaîne de production, la machine marchande, dans des conditions et avec des patrons pas toujours exemplaires, mettant la santé de leurs employé-e-s en péril.

Acheter des biens de première nécessité : on est bien obligé. Surconsommer par peur ou par ennui, quand c’est pour un nouveau canapé, une jolie robe, du PQ en rab’ ou un congélateur de réserve, ça interroge. À se demander ce qu’il est advenu de l’humain pour qu’il soit consommo-dépendant ou point d’être incapable de lever le pied un mois, s’occuper avec un livre, un crayon, de ce qu’il a, en commençant déjà par vider ses armoires, manger ses restes, avant de remplir ses tiroirs jusqu’à la gueule.

Applaudir à 21h c’est important. Arrêter de surconsommer, c’est vital aussi.

La peur du manque

Les messages officiels ont beau appeler au calme, distributeurs, maraîchers et douanes rassurer quant à l’approvisionnement du canton,[2] la frénésie compulsive semble innarrêtable. L’inactivité des un-e-s pousse à des cadences de travail infernal les autres.La surconsommation des un-e-s met en danger la santé des autres.

Il dépend de nous de freiner la progression du virus en marquant des distances physiques les un-e-s envers les autres. Il dépend de nous de freiner la surconsommation compulsive afin de ne pas exposer la santé d’autres personnes.

La crise actuelle exige de la solidarité, beaucoup, beaucoup plus de solidarité qu’en temps normal, et de prendre conscience que chaque acte, chaque comportement, chaque non-acte, chaque retenue, à un impact sur les autres et qu’il faut rapidement recomposer une échelle de valeurs pour distinguer entre ce qui est vital, nécessaire, et futile.

Protégez-vous. Protégeons-nous. Protégez-les.

 

[1]https://www.letemps.ch/economie/suisse-lecommerce-ebullition

[2https://www.tdg.ch/geneve/actu-genevoise/cas-coup-dur-canton-pourra-nourrir-habitants/story/15288323]

 

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